POURQUOI, CONCRÈTEMENT, UN MANAGER EN DIFFICULTÉ NE SE FORME PAS OU NE SE FAIT PAS ACCOMPAGNER ?

Ce n’est pas qu’il “ne veut pas”.
Ce n’est pas non plus qu’il “n’y croit pas”.

En réalité, plusieurs freins se superposent — souvent en même temps.

🧠Les vraies raisons pour lesquelles un manager en difficulté ne se forme pas ou ne se fait pas accompagner

1. Il ne prend pas le temps (ou plutôt : il ne s’autorise pas à le prendre)

La première raison est très simple : le temps.

Ou plus précisément :

  • l’urgence permanente,

  • les priorités opérationnelles,

  • les dossiers “plus importants”,

  • la pression des résultats.

Le manager se dit :

« Je verrai plus tard. »
« Quand ça ira mieux. »
« Là, je n’ai vraiment pas le temps. »

👉 Problème : ce “plus tard” n’arrive jamais. Et pendant ce temps, la difficulté s’installe, s’alourdit, s’use.

 

2. Il n’identifie pas clairement que se former ou se faire accompagner est une priorité

Beaucoup de managers ne font pas le lien entre :

  • leurs tensions quotidiennes,

  • leur fatigue mentale,

  • leurs difficultés relationnelles,

et un besoin de formation ou d’accompagnement.

Ils pensent :

« C’est normal, c’est le job. »
« Tous les managers vivent ça. »
« Ce n’est pas un sujet de formation. »

👉 Résultat : ils continuent à faire avec leurs outils actuels, même quand ceux-ci montrent leurs limites.

 

3. Il n’ose pas (peur du regard, peur du jugement, peur de ce que ça dit de lui)

Oser se former ou se faire accompagner, c’est aussi :

  • reconnaître qu’on ne sait pas tout,

  • accepter de questionner sa posture,

  • exposer une part de vulnérabilité.

Et pour beaucoup de managers, surtout expérimentés :

« À mon niveau, je devrais savoir. »

👉 Il y a alors une peur silencieuse :

  • peur d’être jugé,

  • peur de perdre en crédibilité,

  • peur que cela remonte à la hiérarchie,

  • peur de ce que ça va remuer.

 

4. Il confond formation, accompagnement et “remise en cause personnelle”

Autre frein très fréquent :
le manager imagine que se former ou se faire accompagner, c’est :

  • être critiqué,

  • être “corrigé”,

  • devoir changer profondément,

  • être sommé d’appliquer un modèle qui ne lui ressemble pas.

Il se dit :

« On va me dire comment je dois être. »
« Ce n’est pas moi le problème. »

👉 Cette confusion empêche d’entrer dans une démarche pourtant professionnelle, pas thérapeutique.

 

5. Il a eu (ou entendu) de mauvaises expériences

Formations hors sol, discours théoriques, injonctions contradictoires, recettes miracles…

Beaucoup de managers ont déjà vécu :

  • des formations inutiles,

  • des accompagnements déconnectés du terrain,

  • des approches trop idéologiques ou trop naïves.

👉 Résultat : une forme de méfiance.

« Ça ne m’apportera rien de concret. »

 

6. Il procrastine (oui… parfois c’est aussi simple que ça)

Et puis il y a une vérité moins confortable à dire, mais très humaine :
👉 parfois, le manager a la flemme.

Pas par désintérêt.
Mais parce que :

  • réfléchir à sa posture demande de l’énergie,

  • se poser oblige à ralentir,

  • apprendre suppose de sortir du mode automatique.

Il se dit :

« Je sais à peu près ce qu’il faudrait faire. »
« Je verrai plus tard. »

👉 Sauf que “savoir” n’est pas “faire”, et encore moins “tenir dans la durée”.

 

🔍Ce que ces résistances disent en réalité de la posture managériale

Parce qu’il tient… donc il pense que ce n’est pas si grave

C’est peut-être le piège le plus insidieux.

Le manager tient :

  • l’équipe fonctionne à peu près,

  • les indicateurs sont là,

  • les crises sont gérées.

Donc il conclut :

« Ça va. »

👉 Mais tenir n’est pas synonyme d’aller bien.
Et encore moins de tenir longtemps sans s’abîmer.

 

En réalité, ce n’est pas un manque de motivation. C’est un empilement de freins.

La majorité des managers en difficulté :

  • ne refusent ni la formation,

  • ni l’accompagnement,

  • ni la remise en question.

Ils sont juste :

  • pris dans le quotidien,

  • enfermés dans leur rôle,

  • seuls avec leurs arbitrages,

  • et sans espace clair pour réfléchir autrement.

 

🔄Se former ou se faire accompagner : un choix stratégique 🚀 pas un aveu de faiblesse

C’est un acte de lucidité professionnelle.

👉 La vraie question n’est pas :
« Est-ce que j’en ai besoin ? » 

Mais plutôt :
« Combien de temps encore vais-je continuer comme ça ? »